L’Orange de Noël, Michel Peyramaure

A la fin de l’été de 1913, Cécile Brunie, toute jeune institutrice, arrive à Saint-Roch pour y prendre possession de son poste. Dans ce petit village de la basse Corrèze où le curé fait seul la loi et où prospère une école congréganiste, elle est accueillie comme le diable en personne. 
Nul ne doute que, comme ses prédécesseurs, elle ne puisse tenir que quelques mois devant le redoutable abbé Brissaud qui, chaque dimanche, tonne contre l’école sans Dieu et ses suppôts.
Mais Cécile fait front, résiste aux injures, aux provocations, aux calomnies et, peu à peu, par la compétence, sa patience et son courage, gagne la confiance du village et voit se peupler son école au détriment de l’établissement religieux.

 

L’Orange de Noël fait partie de ces romans qui nous racontent la France d’antan, celle d’il y a un siècle, la rurale que l’on connait mal car nos grands-parents n’ont pas forcément jugé utile de l’immortaliser à travers leurs récits.

Michel Peyramaure est un auteur corrézien qui s’est attaché à décrire sa région au début du siècle dernier. Dans son roman, il imagine la venue d’une institutrice qui doit donner des cours à l’école communale. L’école religieuse a cependant beaucoup plus de succès et tout le village est sous la coupe du curé. Cécile Brunie, l’institutrice, découvre peu à peu cette campagne, accompagnée par Malvina, une adolescente de quatorze ans qui ment sur son âge et qui s’imagine avoir toujours dix ans. Les personnages de Peyramaure sont étonnants, surtout Malvina dont on comprend d’abord mal pourquoi elle tient tant à l’enfance.

Les rumeurs de village sont parfaitement rendues, notamment à travers le traitement réservé à l’institutrice : on refuse de la servir dans certains commerces. Dans les autres, l’accueil qui lui est réservé est glacial. Puisqu’elle est institutrice pour l’école communale, les villageois partent du principe qu’elle n’est pas croyante et ils l’empêchent de prendre ses marques dans la société. Toutefois, Mademoiselle Brunie est pratiquante et va à l’église le dimanche. Ce sont donc bien les rumeurs et les préjugés qui l’excluent du cercle villageois.

Le roman de Michel Peyramaure est agréable à lire. Il fait partie des romans du terroir qui permettent d’en apprendre plus sur la vie rurale d’autrefois et qui se penchent, avec réalisme, sur les coutumes de l’époque. Notons de plus l’usage du patois de la localité, traduit en bas de page, qui donne un aspect très réel au récit !

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