Romain Gary

A ce jour, Romain Gary est certainement l’un des plus grands auteurs que la France ait porté. Il est né en 1914 à Vilnius en Lituanie alors que la ville est encore sous l’égide de l’Empire russe. En 1928, alors âgé de 14 ans, Romain Gary arrive en France avec sa mère. Son père l’a abandonné peu après sa naissance et  sa mère, Mina Kacew, nourrit de grands espoirs pour lui. Romain Gary lui écrit un livre, La Promesse de l’Aube, dans lequel il raconte la relation si particulière qu’il a entretenu avec sa mère. La Seconde Guerre Mondiale éclate et Romain Gary devient pilote dans les troupes de la France Libre. En 1945 il est fait compagnon de la Libération,ordre créé la même année par le général de Gaulle. Puis il rentre à Nice où sa mère habitait et découvre qu’elle est morte depuis trois ans. Peu avant sa mort, elle lui a écrit près de 250 lettres et a chargé une amie de les poster régulièrement à son fils. Elle pensait que sa présence lui permettrait de revenir de la guerre.

Après la guerre, Romain Gary est devenu un célèbre écrivain. Ces surnoms sont nombreux (Lucien Brûlard, Shatan Bogat, Fosco Sinibaldi et Emile Ajar) et les récompenses pleuvent : 2 prix Goncourt, une double récompense unique dans l’histoire du prix, pour Les Racines du ciel en 1956 puis en 1975 pour La Vie devant soi.

Les relations amoureuses de Romain Gary sont tourmentées, peut-être hantées de l’ombre trop présente de cette mère aimante au-delà de la mort. Il y a d’abord eu une jeune suédoise, Christel Söderlund, qui retourne finalement en Suède. Puis une jeune hongroise, Ilona Gesmay, qui retourne en Hongrie pendant la Seconde Guerre Mondiale et qui devient schizophrène. Romain et elle étaient très attachés l’un à l’autre, bien qu’elle soit en Hongrie et lui en France. Pendant les quelques moments de lucidité qu’elle a, elle demande des nouvelles de « son Romain ».  En 1945, il épouse la femme de lettres anglaise Lesley Blanch dont il divorce en 1963 pour l’amour de Jean Seberg, célèbre actrice du mouvement de la Nouvelle Vague. Cette dernière est notamment connue pour ses rôles dans Bonjour Tristesse d’Otto Preminger en 1958 et dans  A bout de souffle de Jean-Luc Godard en 1960. La même année, il l’épouse en deuxième noce et un fils, Diego, nait de leur union. Ils divorcent en 1970. Romain Gary a une vision complexe des femmes et semble préférer leur féminité à leur individualité. En effet, il déclare : «La seule chose qui m’intéresse, c’est la femme, je ne dis pas les femmes, attention, je dis la femme, la féminité.»

Le 2 décembre 1980, Romain Gary est retrouvé mort chez lui. Il s’est suicidé d’un tir de pistolet dans la bouche. Le grand écrivain menait une vie sentimentale compliquée doublée d’une peur de vieillir qui le hantait.

Romain Gary, Emile Ajar et les autres nous laissent aujourd’hui plus d’une quarantaine de romans dont il est difficile de démêler réalité et fiction.

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