Les Vestiges du Jour, Kazuo Ishiguro

Les grands majordomes sont grands parce qu’ils ont la capacité d’habiter leur rôle professionnel, et de l’habiter autant que faire se peut ; ils ne se laissent pas ébranler par les événements extérieurs, fussent-ils surprenants, alarmants ou offensants. Ils portent leur professionnalisme comme un homme bien élevé porte son costume. C’est, je l’ai dit, une question de « dignité ». » Stevens a passé sa vie à servir les autres, majordome pendant les années 1930 de l’influent Lord Darlington puis d’un riche Américain. Les temps ont changé et il n’est plus certain de satisfaire son employeur. Jusqu’à ce qu’il parte en voyage vers Miss Kenton, l’ancienne gouvernante qu’il aurait pu aimer, et songe face à la campagne anglaise au sens de sa loyauté et de ses choix passés…

Prix Man Booker Prize 1989

 

Ce roman nous emmène dans l’Angleterre d’avant-guerre et nous fait découvrir la vie d’un majordome entièrement dévoué à son métier. Plusieurs années après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, il part à la rencontre de Miss Kenton, partie de Darlington Hall, la grande demeure que Stevens régit. C’est l’occasion pour lui et pour nous de faire une rétrospective sur sa vie, sur ses choix et sur ces rencontres. Dans ce récit à la première, Stevens ne regrette jamais rien, ou du moins il ne le dit pas, sans doute par fierté. Son amertume est suggérée et c’est au lecteur d’interpréter les non-dits du majordome.

Les Vestiges du Jour est un très beau livre. Avec une écriture très fine, Kazuo Ishiguro présente, avec une incroyable vraisemblance, la vie d’un domestique d’antan. Le personnage de Stevens est très travaillé et on est saisi par la profondeur psychologique que l’auteur lui a donnée. Il arrive à créer un être dont on peut penser qu’il a existé. C’est du grand talent !

Film réalisé à partir du livre : (cliquez sur l’affiche)

 

 

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