agnès martin-lugand les gens heureux lisent et boivent du café

Les Gens heureux lisent et boivent du café (t1 et t2), Agnès Martin-Lugand

Tome 1 : Les Gens heureux lisent et boivent du café

« Ils étaient partis en chahutant dans l’escalier. J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture, au moment où le camion les avait percutés. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux. » Diane a perdu brusquement son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son coeur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence. C’est peut-être en foulant la terre d’Irlande, où elle s’exile, qu’elle apercevra la lumière au bout du tunnel. L’histoire de Diane nous fait passer par toutes les émotions. Impossible de rester insensible au parcours tantôt dramatique, tantôt drôle de cette jeune femme à qui la vie a tout donné puis tout repris, et qui n’a d’autre choix que de faire avec.

Ce roman d’Agnès Martin-Lugand est l’une des rares pépites qu’il peut nous être donné de lire dans une vie. Courte et incisive, l’intrigue est simple : Diane reprendra-t-elle goût à la vie ? L’auteure a su nous emmener aux tréfonds de la dépression humaine : n’avoir envie de rien et ne ressentir qu’une force destructrice et négative qui nous tire vers le bas. Sans comprendre trop comment ni pourquoi, on a envie d’en savoir plus sur Diane, et surtout, on veut savoir si cette femme qui a été blessée par la vie de la façon la plus horrible qui soit, s’en sortira.

Le roman nous fait découvrir assez peu de personnages, mais ils sont tous essentiels et bien travaillés. Parmi eux, l’extravagant ami homosexuel de Diane, Félix, qu’elle laisse à Paris quand elle part en Irlande. Cet « abandon » est dommage, j’aurais bien aimé que son personnage à l’humour décalé apparaisse plus souvent.

Spoiler

Ce qui m’a touchée avec ce roman, c’est la façon dont Diane remonte la pente. Dans tous les livres que j’ai pu lire, la jeune femme s’en sort en rencontrant l’homme de sa vie. Là, ce n’est pas le cas. Diane se reconstruit elle-même parce qu’elle est entourée et peu à peu elle se fait à l’idée du célibat, de continuer sa vie sans un homme à ses côtés. J’ai cru qu’on reverrait Edward à Paris à la fin du livre et j’ai été surprise que l’auteure ait choisi d’offrir à Diane une fin « réelle ». Car oui, dans la vie, on ne s’en tire pas à cause d’un beau prince charmant qui vient nous offrir ses bras. Ce qui arrive dans 95% des romans ne doit arriver que dans 20% de la réalité. C’est cette franchise avec son lectorat que j’ai aimé chez Agnès Martin-Lugand. Merci de nous donner l’espoir d’une vie meilleure grâce à nous-mêmes et la force que l’on peut trouver à l’intérieur de soi.

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Tome 2 : La vie est facile, ne t’inquiète pas

Rentrée d’Irlande, Diane est bien décidée à reconstruire sa vie à Paris. Avec l’aide de son ami Félix, elle s’est lancée à corps perdu dans la reprise en main de son café littéraire. C’est là, aux  » Gens heureux lisent et boivent du café « , son havre de paix, qu’elle rencontre Olivier. Il est gentil, attentionné, et, surtout, il comprend son refus d’être mère à nouveau. Car elle ne peut se remettre de la perte de sa fille.

Bientôt, un événement inattendu va venir bouleverser les certitudes de Diane quant à ses choix, pour lesquels elle a tant bataillé.

Aura-t-elle le courage d’accepter un autre chemin ?

J’ai tellement aimé la fin du premier livre que j’étais sceptique sur un tome 2. J’avais du mal à voir l’intérêt. Mais il est toujours agréable pour un auteur de retrouver ses personnages et de leur offrir une vie heureuse. Diane, comme tout le monde, avait elle aussi droit au bonheur. Malgré tout, le livre est presque sans surprise. Diane a du mal à s’engager, elle aperçoit Edward à Paris et se pose des questions sur les « hommes de sa vie ». A croire que la vie sentimentale des femmes n’est faite que de questions et d’indécision… Le livre se lit vite car il est peu épais et il reste agréable pour qui aime les livres contemporains. Néanmoins, c’est une déception pour moi car il n’a rien à voir par rapport au premier.

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