La Servante Ecarlate, Margaret Atwood

Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, « servante écarlate » parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler… En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté.

 

Il était temps que je m’attaque à ce livre dont on parle tellement depuis plusieurs années. La Servante Écarlate avait longtemps été oubliée. Bien que ce roman ait été publié en 1985 aux Etats-Unis, il a fallu attendre la série TV de 2017 pour qu’un plus large public ait connaissance de l’oeuvre de Margaret Atwood. Comme à mon habitude, je préfère lire le roman avant de voir la série. Tout le monde criait au miracle et j’avoue ne pas avoir compris pourquoi à la lecture… Le récit manque de fluidité et d’explications pour une histoire qui se déroule dans un univers dystopique. Aux premiers abords, j’étais perplexe car je ne comprenais rien : à quoi correspondent les différentes couleurs des vêtements de femmes ? Qu’est-ce que la Cérémonie ? Où se trouve Defred ? Quelles sont ses obligations, ses interdictions, etc. ? Puis on apprend à faire avec. Certaines explications viennent, d’autres non. Le personnage principal, Defred, évolue elle aussi dans un monde qu’elle ne comprend pas et peut-être Margaret Atwood a-t-elle voulu laisser nos questions sans réponse à l’image de ses personnages…

 

Toujours est-il qu’il s’agissait d’une lecture laborieuse que j’avais hâte de terminer. L’écriture n’a, par exemple, rien à voir avec Vox de Christina Dalcher, dans lequel tous les changements de notre société sont expliqués.

 

Si on laisse l’écriture de côté un instant pour se concentrer sur le fond du roman, bien sûr, il y a mille choses à dire et on peut considérer Margaret Atwood comme une visionnaire ! Le corps de la femme a toujours été un sujet de discorde et un élément de pouvoir pour qui le contrôle. Le roman met en avant une société presque dénaturée. Le plaisir sexuel n’existe plus, les humains couchent ensemble crûment, uniquement pour enfanter. Tout le monde a un devoir à accomplir, une place à respecter. Cette organisation sclérosante inhibe le bonheur et la peur s’installe, puis devient permanente, à cause d’une surveillance abusive. Les femmes sont réduites au rang d’esclaves sexuelles dans une société entièrement organisée autour de la procréation… Voilà qui donne à réfléchir quand on constate le nombre ahurissant de lois liberticides pour le droit des femmes qui bourgeonnent actuellement aux Etats-Unis.

Beaucoup de choses ont déjà été dites sur ce sujet, mais je crois qu’il est toujours intéressant de rappeler que Margaret Atwood a écrit La Servante Écarlate en 1985…

 

Série réalisée à partir du roman : (cliquez sur l’affiche)

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