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Les Oiseaux se cachent pour mourir, Colleen McCullough

 

Les oiseaux se cachent pour mourir retrace l’histoire inoubliable du père Ralph et de Meggie Cleary. Dans la chaleur d’un domaine australien, leur passion connaît durant des années bien des tourments. Ralph est prêtre et a voué sa vie à l’Eglise.

Mais le séduisant religieux tombe amoureux de la jeune Meggie. Dès lors, au-delà des séparations et des événements tragiques, leurs vies restent intimement liées.

 

C’est avant tout l’histoire de la famille Cleary, une famille pauvre d’immigrés irlandais qui vit en Nouvelle-Zélande et qui voit son destin changer lorsque Mary Carson, la soeur du père de famille, souhaite se rapprocher de sa famille et leur propose de venir s’occuper et habiter son grand domaine australien : Drogheda. 

C’est alors qu’a lieu la rencontre entre Meggy, l’unique fille dans cette fratrie qui ne cesse de s’agrandir, et Ralph de Bricassart, jeune homme qui vient d’embrasser la prêtrise, très proche de Mary Carson. Ralph tombe sous le charme de cette petite poupée dans un monde d’hommes. Il l’instruit, lui apprend à monter à cheval et devient son confident. 

L’enfance de Meggy est sans cesse bouleversée : le départ à la ville de son grand frère préféré Frank, les grossesses de sa mère, les décès de son père et d’un de ses frères, etc. Meggy vit dans une famille à l’équilibre précaire et son attachement à Ralph semble lui apporter un semblant de stabilité…jusqu’à ce qu’il s’en aille à son tour ! Car Ralph est ambitieux et quand il se voit ouvrir des portes pour sa carrière ecclésiastique, il hésite, par affection pour Meggy, mais pas très longtemps… Direction Sydney puis le Vatican. 

Bien qu’ayant d’abord trouvé cette relation entre un homme d’âge mûr et une jeune fille (mais d’abord enfant !) au bord de l’acceptable et à la limite de la relation malsaine et pédophile, je me suis ensuite calmée quand j’ai analysé l’écriture de Colleen McCullough puisqu’il n’est jamais question d’attirance ni de désir d’ordre sexuel. On comprend qu’il y a une fascination de Ralph pour Meggy et que Meggy l’idéalise en temps qu’homme quand elle-même commence à devenir femme. Finalement, quand les héros sont adultes tous les deux, on oublie presque que l’histoire a commencé quand Meggy était enfant et on se laisse happer par sa vie amoureuse tourmentée. 

A travers le destin de Meggy, on découvre l’industrialisation de l’Australie, puis l’écho des guerres mondiales dans l’océan Indien. Et finalement, ce livre n’est pas que l’histoire de Meggy. On commence par suivre ses parents, Paddy et Fiona, et on finit en suivant le destin de ses enfants. Il s’agit donc bien d’une saga familiale sur plusieurs décennies !

 

Spoiler

S’il fallait retenir un sentiment global du roman, je dirais la passion et le gâchis. La passion qui anime Ralph, mais sa passion déchirante entre l’Eglise et Meggy. La passion de Meggy pour Ralph puis pour ses enfants, bien que tardive pour sa fille. Et enfin, le gâchis de toutes ces vies malheureuses : Mary Carson, Fiona, Frank, Meggy, Ralph et bien sûr, Dan, le fils de Meggy et Ralph. J’ai refermé le roman avec un goût amer. Un goût d’improbable aussi : comment tant de choses peuvent-elles se passer aussi mal dans une vie ? Il s’agit d’un roman, évidemment, mais j’ai vibré tout l’été avec ces personnages et les quitter sur des notes aussi négatives m’a attristée.

S’il y a un personnage plus marquant que les autres que je devrais retenir, je pense que ce serait Justine, la fille de Meggy et Luc. C’est comme si elle ne se sentait à sa place nulle part. Comme si elle tournait en rond dans un monde immense entre l’Australie et l’Angleterre sans trouver d’attaches et en errant entre les villes comme entre les hommes. J’ai adoré ce personnage, peut-être parce qu’il me rappelle à quel point on peut se sentir perdu au début de sa vie. Elle erre ainsi pendant des années et vit avec la culpabilité de ne pas avoir accompagné son frère en Grèce, où il est mort noyé. J’aurais presque aimé avoir une suite sur Justine et espérer qu’elle ait trouvé le bonheur et l’apaisement. L’histoire ne nous le dit pas, mais libre à moi de lui imaginer une vie heureuse.

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Dans les critiques que j’ai lues, d’aucuns ont comparé Meggy à Scarlett O’Hara et Drogheda à Tara. Comme cette comparaison m’a énervée ! Meggy n’a absolument rien de l’ambition de Scarlett, elle n’a pas le même tempérament détestable et opportuniste. Je comprends qu’on puisse avoir envie de faire un parallèle, mais Meggy ne revient pas à Drogheda pour en tirer des bénéfices financiers comme le fait Scarlett. Non, elle revient car c’est là que sont sa place, sa famille et ses repères. Scarlett aussi y a sa famille, me direz-vous, mais elle exploite Tara tandis que Meggy  reprend sa place dans le domaine familial et réalise les tâches qu’on lui assigne sans se mettre en tête de gouverner Drogheda. 

L’histoire d’une femme et d’un domaine, certes, mais en rien comparable !

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