« Ciao, Sofia, qu’est-ce que je te sers ? Comme d’habitude ? Et j’ajoute un cornetto, parce qu’il faut manger, ma fille !
– Oui, merci, Maria. »
Je m’installe en terrasse, face à la mer, comme chaque matin depuis que je suis de retour en Italie. J’aime bien travailler au son des tasses qui s’entrechoquent. Et, au Mamma Maria, j’ai toujours de la compagnie. Il y a ceux qui viennent tuer le temps. Il y a les enfants qui rêvent devant le comptoir à glaces. Il y a les ados qui sirotent un soda, monsieur le curé, et, surtout, mes partenaires de scopa.
Ici, on vient échanger quelques mots, partager un apéro, esquiver la solitude ou écouter Celentano. Moi, je viens pour me persuader que j’ai bien fait de quitter Paris… et l’autre abruti.
Il fait quand même meilleur ici.
Et puis, on cherche aussi à profiter de la bonne humeur (ou non) de Maria, qui mène, comme une mamma, tout ce petit monde à la baguette.
Bref, j’ai enfin retrouvé mon village paisible.
Enfin, paisible jusqu’au jour où…
Mamma Maria fait partie de ces romans qui font du bien.
C’est une histoire touchante sur la différence et l’acceptation, mais aussi sur le temps qui passe et les relations familiales. J’ai passé un très bon moment en compagnie de Sofia et Maria.
Sofia est une jeune femme qui revient dans son village natal après une rupture compliquée à Paris. Elle y retrouve sa famille et ses amis de toujours.
Maria, elle, est une sexagénaire qui n’a jamais quitté ce même village et qui tient un bar où se retrouvent, jour après jour, les mêmes habitués.
Les deux femmes sont liées par leur amour de l’Italie, de ses traditions et de ses valeurs familiales fortes. On les découvre peu à peu à travers un roman choral qui alterne leurs points de vue et leur narration d’une même histoire.
Pour se reconstruire après sa rupture, Sofia a une idée magnifique : écrire dix textes à Jérôme, son ex-compagnon, sur “son” Italie — ces villes et villages qu’elle aime tant. Car si elle est revenue vivre en Italie, c’est surtout parce que Jérôme ne voulait pas la suivre. Et il y a une différence entre refuser de s’installer dans un pays étranger… et refuser d’en découvrir les lieux aimés, les personnes importantes, l’univers même de l’autre.
À travers ces textes, elle nous entraîne sur la côte amalfitaine, décrite avec une beauté et une justesse qui révèlent tout l’amour que Serena Giuliano porte à son Italie natale.
J’ai beaucoup aimé ce roman léger, à la nostalgie justement dosée et à l’humour tendre. Les personnages sont attachants, et l’alternance des points de vue rythme une histoire simple mais efficace. Serena Giuliano nous offre une Italie où il fait bon vivre, et j’aurais adoré rencontrer toute la bande de Maria.