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Les Amants de Saint-Pétersbourg, Jean Chapot

Comme de nombreux dissidents, Dora Kempf a dû attendre la chute du régime communiste pour revenir en Russie. Danseuse étoile de renommée internationale, elle est accueillie avec faste à Saint-Pétersbourg. Mais lorsqu’elle commence à parler d’Anna Souvorine, une ancienne danseuse du Kirov à qui elle ressemble étrangement, les gens se méfient et se taisent. Pire ! Ceux qui décident de l’aider sont éliminés comme si quelqu’un dans l’ombre voulait à tout prix protéger un terrible secret…
Sur les traces de cette femme prête à courir tous les dangers pour mettre à nu la vérité, Jean Chapot nous entraîne dans les coulisses de la Russie éternelle où les maîtres d’hier essaient de préserver ce qu’il leur reste de pouvoir, où le terrible passé des Goulags et de la Sibérie demeure imprimé dans les esprits. Les Amants de Saint-Pétersbourg, un grand roman d’amour et d’aventure aussi envoûtant que le mythique Docteur Jivago, nous fait partager la vie tumultueuse de personnages qui, entre jalousie, vengeance et passion, s’affrontent, se séparent puis se retrouvent dans un vertigineux ballet.

 

J’ai toujours été attirée par la Russie, comme une passion que l’on se transmet de mère en fille dans ma famille depuis plusieurs générations. Petite, je me suis plongée très tôt dans les étendues blanches du Docteur Jivago, dans les bals d’Anna Karenine et dans les campagnes napoléoniennes de Guerre et Paix. Plus tard, quand j’étais ado, ma mère m’a fait découvrir La Lumière des Justes, que j’ai dévoré tout comme elle avant moi à 14 ans. A cette passion pour cet ancestral pays aussi hostile qu’inhospitalier s’est ajoutée la passion de la danse. Danseuse moi-même comme beaucoup de petite fille, j’ai été bercée aux musiques du Lac des Cygnes, de Casse-Noisette, de la Belle au Bois Dormant et de Gisèle

Et puis, quand je suis devenue suffisamment grande, j’ai appris que la Russie et la danse étaient intimement liées par la discipline presque militaire des danseuses du Bolchoï.

Aussi, quand j’ai tiré ce livre dans les rayons de la médiathèque de ma ville, d’abord attirée par l’esprit romantique du titre. J‘ai été ensuite séduite par l’histoire d’une danseuse qui cherche à en retrouver une autre, perdue dans la tourmente communiste de l’ex-soviétique

J’ai pris ce livre sans m’attendre à rien, en me disant que la plupart des romans dont les titres se composent par “les amants” n’ont jamais grand chose d’extraordinaire. Eh bien, je peux l’affirmer, un livre ne doit jamais être jugé à sa couverture (ou à son titre !). J’ai trouvé, à l’intérieur des Amants de Saint-Petersbourg, des enquêtes, du suspense, de l’amour, des sentiments, des voyages et de l’histoire. Je n’avais pas lu un roman aussi complet depuis bien longtemps.

J’étais tenue en haleine par l’histoire de Dora qui cherche à retrouver Anna, une danseuse de Kirov disparue à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Anna avait eu une aventure avec Peter, un Alsacien qui s’est retrouvé en Russie en 1944 et qui est tombé fou amoureux d’Anna. Mais la guerre les a séparés et la vie ne leur a jamais offert de retrouvailles. Plus tard, Peter épouse Dora, attiré d’abord par elle pour sa troublante  ressemblance avec Anna. Ensemble, ils vivent de belles années de bonheur durant lesquelles Peter garde le secret d’Anna, avec l’espoir de la revoir un jour. Sur son lit de mort, il fait promettre à Dora de la retrouver. La danseuse se lance alors à la recherche d’une femme qu’elle n’a jamais vue mais qui lui ressemble comme une jumelle, avec trente ans d’écart. Elle se retrouve en Russie, à mener une enquête aussi improbable que dangereuse, et à remuer le passé d’un peuple qui dissimule ses dossiers gênants à coup d’intimidations et de meurtres. La vie de Dora se retrouve menacée et plus d’une personne qui l’a aidée perd la sienne… Dora essaime les gouttes de sang comme le Petit Poucet, les morceaux de pain. A force de détermination, Dora finit pourtant par faire éclater la vérité et découvre des secrets bien plus complexes qu’elle ne l’aurait imaginé.

J’ai trouvé l’histoire bien ficelée, les personnages principaux suffisamment fouillés et les détails de cette Russie post-URSS terrifiants. 

Le seul reproche que je peux faire, c’est mon incompréhension face à cette volonté constante de créer du désir sexuel tout le temps, partout, entre les personnes le moins susceptibles d’avoir envie les unes des autres. 

Maus une chose est sûre, Jean Chapot sait manier l’écriture du polar à merveille et un adepte confirmé des plot twists ! 

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