Au château de Cavendon, si l’été 1913 s’annonce merveilleux pour les familles Ingham et Swann, tout est sur le point de changer.
La magnifique propriété du Yorkshire abrite depuis des générations la famille de Charles Ingham, comte de Mowbray, et celle de leurs fidèles serviteurs depuis près de deux cents ans, les Swann. Entre elles règnent une entière confiance et une parfaite entente. Parmi les six enfants du comte et de la comtesse, Daphné, à tout juste dix-sept ans, est une véritable beauté. Promise à un beau mariage, elle sera bientôt présentée à la Cour et tous les espoirs de son père reposent sur elle.
Mais un évènement tragique va bouleverser sa vie et menacer de salir le nom des Ingham. Plus grave encore, la menace de la Première Guerre Mondiale pèse sur les deux familles. Trahisons, crime, disputes : les heures paisibles sont comptées à Cavendon Hall.
Une recette qui a fait ses preuves
La Splendeur de Cavendon Hall peut être un roman clivant. En effet, Barbara Taylor Bradford s’inspire sans détour de la recette qui a fait le succès de Downton Abbey : un château du Yorkshire (près de Ripon !) habité depuis plusieurs siècles par une famille aristocratique, des domestiques fidèles et respectueux, un village attaché à la propriété, quatre jolies sœurs dont l’une se distingue par ses idées progressistes sur la cause des femmes, une vieille tante autoritaire mais attachante, et un père aimant entouré de ses proches. Le tout sur fond de Première Guerre mondiale qui approche inexorablement.
Si, comme moi, vous avez adoré Downton Abbey (et que vous ne résistez pas à l’envie de revoir la série tous les trois ans), vous trouverez sans doute beaucoup de charme à ce roman. J’ai particulièrement aimé l’ambiance qui m’a parfois rappelé Orgueil et Préjugés : ces bals de campagne où les jeunes filles rivalisent d’ingéniosité pour attirer assez de cavaliers rappellent bien l’atmosphère romanesque de Jane Austen.
Points forts et limites du roman
Le principal reproche que je pourrais faire à La Splendeur de Cavendon Hall concerne certains événements sombres, censés être des éléments déclencheurs de l’intrigue, mais qui m’ont paru sous-exploités. Les lectrices en quête d’aventures trépidantes ou de rebondissements spectaculaires pourraient y trouver une certaine fadeur. Pour ma part, je l’ai davantage perçu comme un roman de contemplation, centré sur les liens entre la famille Ingham et la famille Swann, qui les sert depuis plus de cent ans. Ces relations, mêlant ambiguïté et fidélité indéfectible, sont au cœur de l’histoire.
Malgré la multitude de personnages, je ne me suis jamais sentie perdue. Au contraire, cette richesse m’a semblé donner vie au récit et refléter de façon réaliste l’organisation de ces grandes demeures anglaises au début du XXe siècle.
Les personnages
J’ai lu que certaines lectrices reprochaient un manque de profondeur aux personnages. Je comprends cette impression, mais je pense que Barbara Taylor Bradford n’avait pas l’ambition de développer tous les protagonistes dans le détail. Sinon, le roman serait devenu bien plus volumineux. Les figures principales, elles, sont suffisamment fouillées et cohérentes dans leurs choix. Je les ai trouvées attachantes et j’ai été ravie d’apprendre que cette saga compte trois tomes supplémentaires !
Entre Downton Abbey, Orgueil et Préjugés et Les Chroniques de Bridgerton
Pour moi, La Splendeur de Cavendon Hall est à mi-chemin entre :
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Downton Abbey : pour son ambiance aristocratique et les relations entre les maîtres et leurs domestiques,
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Orgueil et Préjugés : pour l’aisance de cette gentry dans la campagne anglaise,
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Les Chroniques de Bridgerton : pour l’importance des mariages et de la stratégie sociale.
J’ai littéralement dévoré ces pages et je me suis aussitôt tournée vers la suite. Dommage que les tomes suivants ne soient plus édités ! Heureusement, les librairies d’occasion m’ont permis d’assouvir ma curiosité et de retrouver les sœurs Ingham dans leurs nouvelles aventures.